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Nous
savons qu’un établissement tel que celui ici
présenté n'est pas autorisé en France.
L’Europe
unifiée n’a jamais été tant en désaccord
que sur le thème du commerce du plaisir.
Par exemple aux Pays-Bas, en Grèce, au Portugal, en Espagne
et en Allemagne (ainsi qu’en Suisse), il est légal
d'exercer dans cette branche.
Au contraire, la Suède punit les consommateurs (essentiellement
des hommes) de prestations liées au sexe. En France,
les maisons closes ont été interdites au lendemain
de la Seconde Guerre mondiale, et la prostitution a été
presque entièrement reléguée au domaine
de la rue.
Il nous tient à cœur de présenter à
la France, si proche amie et voisine, notre point de vue sur
le métier, ainsi que les points -positifs- qui ont permis
d'accéder à sa légalisation.
Depuis la légalisation en Allemagne du commerce du plaisir
et de la gestion de maisons closes à titre professionnel,
des établissements tels que le nôtre ont le droit
d'exister : décoration, hygiène irréprochable
des chambres, réservées chaque fois à une
seule femme ; les femmes qui peuvent déterminer librement
leurs horaires de travail et décider sans contrainte
d'effectuer ou non une prestation érotique.
Il s'avère, maintenant que la pratique est officialisée,
que métiers de l'érotisme et criminalité
sexuelle ne vont plus inévitablement de pair. Nous sommes
heureux de constater que la police locale agit activement et
avec succès contre le trafic d'êtres humains et
la prostitution forcée. La police est également
présente auprès des professionnel(le)s du sexe
et des gérants de maisons closes qui désirent
préserver leur profession de toute forme de criminalité.
La confiance ainsi établie, la transparence fait place,
et permet à son tour de démasquer plus facilement
les activités criminelles. C'est un échange de
travail primordial dans notre pays ; en effet l'Allemagne, du
fait de sa situation géographique centrale, est un lieu
de prédilection pour les trafiquants d'êtres humains.
Les dirigeants d'établissements de prostitution, tout
comme une majorité croissante des professionnel(le)s
du sexe, paient des impôts. Pour autant, les dits professionnel(le)s
de l'érotisme choisissent la plupart du temps de déclarer
leurs activités sous une autre dénomination. Les
ressentiments vis-à-vis de cette branche sont toujours
vifs dans la société civile, et seul un faible
nombre de femmes osent sortir véritablement de l'ombre.
Beaucoup parmi elles sont étudiantes, ou ont une activité
professionnelle dans le civil, et ne savent pas de quoi elles
pourraient être menacées si l'on découvrait
dans leur dossier personnel leurs activités liées
au commerce érotique.
Quant
aux risques d'infection et de transmission de maladies vénériennes,
ils s’avèrent bien inférieurs dans un établissement
de plaisir déclaré que dans un cadre illégal
: dans un environnement légal, les services sont essentiellement
effectués par des femmes indépendantes, conscientes
des risques et soucieuses de leur santé. La prostitution
forcée ou auto-forcée en situation de détresse,
où les risques sur la santé sont ignorés,
restent une pratique marginale.
Et c’est ce qui nous semble crucial ! Car la tendance
s’inverse dès lors que le métier est touché
par la criminalité ; et ce sont en premier lieu les prestataires
de plaisir indépendantes et les plus attentives aux règles
d’hygiène qui quittent alors le marché !
Elles pourront s’assurer sans difficulté une vie
décente d’une autre manière.
Viennent
ensuite les chômeuses qui préfèreront de
nouveau profiter d’aides sociales plutôt que d’être
poursuivies par la police. Restent les toxicomanes et autres
personnes instables et fragiles qui, elles, n’ont plus
grand chose à perdre mais ont un besoin urgent et vital
de gagner de l’argent.
Les femmes originaires de pays moins favorisés, qui ont
beaucoup de difficultés à s’en sortir, travaillent
souvent dans le milieu dans des conditions extrêmement
douteuses, dans la rue ou dans la clandestinité, forcées
ou non. Dans ces conditions, avoir des rapports protégés
ou se soucier de l’hygiène est loin d’être
une priorité.
L’expérience
des professionnelles du sexe à l’échelle
de l’Europe montre qu’un nombre non négligeable
d’hommes sont tant avides d’une rencontre érotique
qu’ils sont prêts à se plier à toutes
les exigences de leurs prestataires, et cela, que l’exercice
du commerce du plaisir soit légal ou non dans leur pays.
Parmi ces clients, issus de toutes les catégories sociales,
on compte d’ailleurs un grand nombre de pères de
famille !
L’illégalité pousse tant les clients que
les professionnelles du sexe, comme en Suède, à
agir dans la clandestinité ; la protection contre des
maladies infectieuses n’est donc plus du tout assurée.
Dès lors, les hommes peuvent être eux aussi infectés
par une hépatite, par le SIDA, ou par toute autre maladie
sexuellement transmissible, et font courir un grand danger à
leur partenaire, à leur épouse et même à
leurs futurs enfants.
Et ça ne sera que dans un contexte de légalité
que la sécurité sanitaire pourra marquer et investir
le commerce du plaisir.
Selon
nos estimations à l’échelle de l’Allemagne,
environ 20% des professionnelles de l’érotisme
exercent cette activité surtout par plaisir et par loisir
(en dehors d’une activité professionnelle principale).
Pour 60 à 70% d’entre celles qui déclarent
être entrées de leur plein gré dans la branche,
leur activité représente leur unique apport financier.
Les 15 à 20% restant exercent dans le cadre dit d’une
prostitution de servitude. Certaines d’entre elles travaillent
sous le joug de trafiquants.
On constate surtout dans la prostitution de rue (qui ne représente
qu’une part réduite du marché en Allemagne
grâce à la légalisation des maisons de plaisir)
que la possibilité d’entrée en scène
de soi-disant souteneurs (proxénètes) est dangereusement
grande, et cela rend le travail de la police d’autant
plus limité.
Face à cela, les maisons de plaisir ne peuvent fonctionner
sans contrôles administratifs. Certaines sont recensées
en tant qu'agences auxquelles des clients font appel, et qui
mettent à leur disposition service, chambre et matériel.
Dans ces agences érotiques, les femmes sont exclusivement
chargées d'effectuer les prestations pour lesquelles
elles sont appelées. Elles ont la possibilité
de s'engager dans ces établissements aussi facilement
que d’en sortir.
D'autres établissements de plaisir ne consistent en rien
d'autre qu'à louer des chambres. Les femmes qui y travaillent
se chargent elles-mêmes de leur publicité, de la
réception et de l'accompagnement des clients, ainsi que
de leur gestion. Il est alors plus rentable pour les femmes
d'y rester affiliées un certain temps.
En
conclusion:
Depuis la légalisation en Allemagne de l'ensemble
des activités du commerce du plaisir, on constate l'installation
croissante de structures transparentes, loin de toute forme
de criminalité, N’y exercent que prestataires érotiques
soucieuses de leur santé et s’étant engagées
dans cette branche de leur propre chef.
La police ainsi libérée d’une charge non
négligeable de surveillance de la branche peut désormais
engager une plus grande partie de ses effectifs aux affaires
de trafic d’êtres humains et de prostitution forcée.
La légalisation des maisons closes participe à
une meilleure prévention contre les MST : ainsi les services
érotiques sont délivrés par des femmes
plus autonomes et conscientes des risques sanitaires.


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